Partager l'article ! Économiser ses sous - Le gaz et l'électricité : Introduction: Chez les Wonder, avril est traditionnellement le mois où arrive la facture annu ...
Chez les Wonder, avril est traditionnellement le mois où arrive la facture annuelle de gaz et d'électricité. Pour
être exacte, cette facture porte le joli nom de « facture de consommation ». En 2010, nous en avons pour 171,06 €.
C'est pas grand-chose, que vous direz. Mwouai.
En fait, c'est un mauvais score. Je vais essayer d'expliquer
pourquoi. Mais tout d'abord, un petit cours s'impose sur le « marché du gaz et de l'électricité », comme on dit chez les pros du budget.
Au bon vieux temps, en Wallonie, il n'y avait qu'un seul moyen d'avoir de l'électricité chez soi. Et ce moyen c'était une entreprise qui s'appelait Électrabel. Pour le gaz,
c'était juste un peu plus compliqué. Les communes wallonnes s'en chargeaient. Comment ? En s'associant dans des « intercommunales », c'est-à-dire en gros des
trucs comme une société, mais avec les communes assises dans le fauteuil du boss (au lieu d'un business man normal). Suivant la ville où on habitait, le nom de
l'intercommunale du gaz changeait. Mais c'était le même système pour tout le monde : que l'intercommunale s'appelle Inter-Truc, Inter-Machin ou Inter-Bidule, derrière c'était
quand même une histoire de gros sous. ![]()
Le seul hic, c'est que comme ça il n'y avait AUCUNE concurrence.
Donc, quand Électrabel ou l'intercommunale disaient : « cette année, ça fera autant », les
clients n'avaient qu'une seule solution. Payer. Et la fermer. Sinon, pas d'électricité, pas de gaz. Radical. Et drôlement bien vu de la part
d'Électrabel et des intercommunales (qui dit zéro concurrent dit méga profit). ![]()
Puis un beau jour, l'Europe s'en est mêlée. « Hého dites-donc, les belges de Wallonie, de Flandre et de Bruxelles ! Vous les avez toutes vos cases, ou non ? Vous z'êtez pas un
peu fêlés, de payer le gaz et l'électricité dix fois plus cher que dans les autres pays ?! », qu'ils ont dit, dans les hautes
sphères. Et du coup, il a fallu « libéraliser le marché du gaz et de l'électricité » en Belgique.
Et là, les emmerdements ont vraiment commencé.
« Libéraliser le marché », ça veut dire
quoi, exactement ? C'est très simple : il faut que n'importe qui puisse venir en Belgique et y vendre de l'électricité ou du gaz. Jusque-là,
c'est pas bien difficile. Mais houla ! Le gaz et l'électricité, c'est pas comme des smart-phones ou de la limonade : on ne peut pas les livrer
dans des boîtes...
Il faut des câbles, des tuyaux, des compteurs, etc. C'est ce qu'on appelle le
réseau. Sans réseau, pas de livraison. Donc, pas d'énergie.
Donc à un moment, on a dit que le belge allait pouvoir acheter de l'électricité et / ou du gaz à qui qu'il voulait. Mais pour le réseau, gros problème : ils ne
pouvaient pas être quarante fournisseurs à s'en occuper. Et puis du côté des intercommunales, ça gueulait ferme. Imaginez : depuis plus de cinquante ans, les
fils, petits-fils et arrières-petits-fils des grosses huiles locales s'en foutaient plein les poches dans des conseils d'administration. À ne rien faire. Et avec zéro concurrents. Vous auriez lâché une poule aux oeufs d'or
pareille, vous ?...
Ben non, c'est malin.
Et bien justement, ça s'est passé pile comme ça : ils n'ont rien
lâché. ![]()
Résultat : en 2007 les fournisseurs ont débarqué, chacun avec leur propre tarif. Mais les intercommunales gestionnaires des
réseaux sont restées, avec leurs vieux tarifs. Comme ils ne pouvaient plus facturer de gaz ni d'électricité, ils ont facturé des locations de compteurs, de la distribution
par leurs tuyaux, du personnel pour calculer qui a consommé quoi, etc.
Et devinez quoi ?
Bingo ! Les tarifs sont montés en
flèche... Pourquoi ? C'est simple.
D'abord, parce que les intercommunales n'avaient toujours aucune concurrence pour leurs « tarifs réseaux ». Bien entendu, certaines villes étaient toujours beaucoup plus chères
que d'autres. Mais les clients étaient bien obligés de suivre : pas de tuyau, pas de livraison. Donc le choix, c'était toujours bien : « paie autant et tais-toi.
Ou déménage... » ![]()
Ensuite, parce que sur la facture on a dû séparer le prix de la distribution (le réseau) du prix de la fourniture (le gaz et l'électricité consommés). Du coup, les
intercommunales ont accusé les fournisseurs d'avoir couillonné leurs clients : si la facture était si salée, c'est parce que les vendeurs de gaz et d'électricité avaient gonflé
leurs tarifs.
Bien malin le client qui pouvait vérifier le contraire ! En 1995, une
facture faisait deux pages. En 2010, il y en a douze... ![]()
En plus, dans la foulée, l'État s'y est mis. Ben oui, mais qu'est-ce que vous croyiez ?!
On a donc
vu fleurir de nouvelles taxes, en tout petits caractères au bas des factures. J'en cite quelques unes : cotisation sur l'énergie,
cotisation fédérale, redevance de voirie, redevance de raccordement, surcharges clients protégés, coûts énergie
verte, etc.
Au final, c'est l'arnaque totale. Tout ce joli monde s'en est mis plein les poches. Le prix de l'énergie est
toujours scandaleusement élevé. Et le consommateur belge ne comprend plus rien à ses factures. Quand il essaie encore de les lire... ![]()
En fait, si le pauvre client a jeté l'éponge il a eu bien tort. Il FAUT faire l'effort de
lire les factures et de les comprendre. C'est le seul moyen de s'en sortir. Parce que les sommes en jeu sont vraiment très importantes : le prix
du gaz et de l'électricité varie du simple au double, suivant les fournisseurs. Dans la suite de l'article, je vais expliquer
comment il faut faire.
À très bientôt,
Wonder Lisette.
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